20 juillet 1915 – Echauffourée

On annonçait hier que une échauffourée à la frontière (sic) deux soldats allemands avaient été tués, une patrouille ayant tenté de passer près du Largin, sur territoire suisse. Ce dernier fait parait être exact, mais on a exagéré en parlant de deux soldats allemands tués. Du reste aucun journal n’en parle ; il est vrai que la censure ne l’aurait pas permis.

Commentaire

La censure draconienne de tous les incidents de frontière a pour résultat paradoxal de rendre plausible, aux yeux d’un large public, les bruits les plus extravagants sur de prétendus échanges de coups de feu entre militaires suisses et allemands ou français. En l’occurrence, cet incident meurtrier n’est qu’un « bobard » véhiculé par la rumeur publique, méfiante envers l’armée et d’autant plus disposée à accorder foi à ces incidents que la presse n’en pipe mot. Arthur Daucourt, comme de nombreux Jurassiens, stigmatise souvent une censure militaire tatillonne, notamment lorsque les intérêts allemands sont en jeu. Le public est d’autant plus prompt à s’échauffer que des incidents de frontière dans le secteur très délicat du Largin sont, dans l’absolu tout à fait possibles et susceptibles de constituer, aussi bien pour les Allemands que pour les Français, un motif d’intervention militaire en Ajoie qui ferait entrer la Confédération dans la guerre mondiale.


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